dimanche 11 octobre 2009

C'est un départ! Vers P... non vers Nantes!

Deux heures avant le départ pour l'aéroport. La tension, parfois très palpable chez les deux tourtereaux dans les dernières semaines, est presque dissipée et fait maintenant place à une assurance calme, un sens de la finalité, assez ironique puisque c'est un commencement qui se dessine aujourd'hui. Mais c'est aussi les adieux à la famille, les amis, le déracinement complet de la terre du Québec. L'aventure, même si elle s'annonce heureuse, sera longue et son début s'accompagne de plusieurs deuils, des grands et des petits.

Il y a 2 semaines, samedi le 26, Sarah et François ont déménagé, quittant leur confortable cinq et demi installé en semi-campagne pour s'installer chez les parents du mari, au coeur de Charlesbourg, pour le temps qu'il restait avant de partir. Tout ceci s'est plutôt bien déroulé; les deux couples ont apprécié la présence l'un de l'autre de même que les coups de main pour les repas et la vie de la maison. Les parents de François, bien qu'heureux d'accueillir et d'aider leur fils, n'étaient peut-être pas sûrs du résultat au début de l'expérience. Ils venaient tout juste de regagner leur liberté de couple -leur plus jeune avait quitté le nid en février dernier seulement- mais somme toute, la maison est grande et personne ne s'est marché sur les pieds.

Coup de théâtre mardi dernier. François, exténué par son travail, dieu qu'il n'aurait pas dû décider de finir aussi tard avant son départ, reçoit un coup de téléphone de la dame du recrutement chez OnePoint à Montréal. Elle pose une question. François ne réfléchit pas trop longtemps, il répond oui. La conversation est suivie par une autre, cette fois-ci avec le vice-président du bureau de Montréal et le directeur de l'agence à Nantes, qui explique à François ce qu'il aurait à faire comme boulot chez lui: travail sur un cadre applicatif entièrement Open Source en Java, travail exécuté aux bureaux de la compagnie et non pas chez le client. Ça semble intéressant, et la perspective d'une vie à Nantes semble plus attirante qu'à Paris. François s'était bien fait à l'idée, mais cette nouvelle lui redonne de l'enthousiasme, et Sarah-Catherine aussi! Les deux voyageurs atterriront donc à Paris le 12 octobre en matinée (Air Transat, vol TS766) et prendront ensuite le train (ou l'avion) pour Nantes le 15.

Après assez de temps, une bonne dose de persévérance et un peu de chance, tout se place. Sarah et François ont cédé leur appartement, vendu une de leurs voiture etles deux tiers de leurs possessions, prêté l'autre voiture, déniché un emploi en France dans une ville de la grosseur de Québec, et s'en vont vivre on ne sait trop quel genre de vie là-bas...

Demain à Nantes, généralement ensoleillé. Quelques nuages, mais pas de pluie.

dimanche 20 septembre 2009

Un début de départ

Ça fait longtemps que je veux écrire un blog, mais il me manquait toujours un sujet. Ça fait longtemps que je connaissais ce sujet et voulait bloguer dessus, mais il me manquait un élément crucial. L'écriture est pour moi, pour Sarah aussi, quelque chose que nous adorons mais dont nous nous sauvons à la moindre excuse aussi, curieusement. Fi de tout cela! Le moment est venu, et nous voudrons nous souvenir de tout ceci toute notre vie, vous en faire part aussi.

«Ce» sujet est le départ prochain pour la France de Sarah-Catherine et François, où cette première suivra une formation d'un an en danse-thérapie à raison d'un week-end par mois à Toulon. En raison de l'emploi de François, cependant, ils demeureront dans la région parisienne. Ce départ prochain est envisagé depuis maintenant plus de trois mois.

Le premier juillet, au retour d'un souper chez des amis où François avait dormi debout en raison d'une overdose de Benadryl pris pour empêcher toute allergie féline, Sarah-Catherine avait reçu un email de l'institut Profac qui lui annonçait qu'elle était admise en quatrième année au programme de formation en danse-thérapie. Sarah ne tenait plus en place, François était heureux de voir sa femme aussi enthousiaste, et bien qu'un peu appréhensif à l'idée de partir, il était heureux lui aussi. Car ce commencement avait eu son prologue aussi, son constat d'insatisfactions sur divers plans, principalement la vie professionnelle de Sarah. Et puis, poussée par ses rêves et les encouragements de son amoureux, celle-ci a tenté de provoquer le destin, et la chance lui a été offerte. Les préparatifs se sont succédés depuis ce temps, lesdits préparatifs consistant principalement en la dilapidation des bien matériels du couple: meubles, voitures, livres fermés depuis des années, ordinateur, lampes plantes, de même que la recherche de pensions pour la faune magnyversienne: Bilbo the Rabbit ainsi que les tourtereaux Gaia et Maestro.

Il fallait aussi que François se trouve un travail en France, élément plutôt essentiel au maintien des fondations, si ce n'est aussi des étages supérieurs, de la mythique pyramide de Maslow. Cet élément s'est vu concrétisé cette semaine, alors qu'il signa un contrat avec une firme spécialisée dans le 'détachement' de consultants informatiques en France. Ce dernier obstacle majeur franchi, leur avenir pour les prochains dix-huit mois est ainsi assuré. Le boulot est dans la région parisienne cependant. Un  petit voyage à chaque mois sera nécessaire pour l'école. Toujours est-il que, depuis que leur choix fut fait de mettre le cap sur la découverte et l'inconnu, petit à petit tout s'est placé pour leur permettre de le faire.

Tout ça n'ira pas sans certains deuils. La famille, les amis, et leurs animaux de compagnie leur manqueront beaucoup c'est certain. La famille et les amis viendront en visite pour une bonne part, mais les animaux devront être laissés aux bons soins de d'autres mains, d'autres coeurs, pendant leur absence. Le deuil de la majorité de leur possessions physiques à Québec n'en fut pas un. Ils s'attendaient à certains déchirements, mais ce fut étonnamment facile de vendre environ les deux tiers de leurs plantes, lampes, livres, meubles, ustensiles, verres et autres bidules sans verser une larme. François admet cependant «Je m'ennuie d'avoir des lampes. S'éclairer avec des plafonniers, ça met pas beaucoup d'ambiance.»

Leur appartement renvoie un écho prononcé de leur voix maintenant, à mesure qu'il se vide. Dans 4 semaines, si tout continue d'aller comme sur des roulettes, ils seront loins d'ici... Tout ça les enthousiasme et les terrifie à la fois, mais marcher droit devant, même dans le noir, est préférable à rester sur place. Il semble y avoir une lumière à l'horizon...